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150 avant JC : naissance de TELO MARTIUS

Toute l'histoire de Toulon s'explique par son site exceptionnel. Il faut remonter 2000 ans d'histoire pour voir les marins romains pénétrer les premiers dans la rade.
Ils y fondent une colonie et se mêlent au peuple Ligure, dévoué au culte de la déesse des sources jaillissantes, Télo.

Télo-Martius, petite bourgade de la Provincia Romana, est l'une des deux teintureries impériales de Gaulle qui produit la pourpre, colorant naturel de couleur rouge.
Point de relâche des bateaux de commerce Télo, puis Tolon, s'attache à protéger ce site exceptionnel pillé par pirates et Sarrasins.

Des vigies sont disposées autour de la rade pour prévenir la population du danger venant de la mer. L’un de ces 'faro' le plus célèbre, donnera son nom à la montagne sur laquelle il fut construit : le Faron.

 

La Marine Royale

La cité n’entre réellement dans l’histoire qu’en 1481 quand le royaume de Provence est rattaché au Royaume de France. Louis XII délaisse le port d’Aigues-Mortes et fait partir ses vaisseaux de guerre du port de Tholon pour les guerres d'Italie. La rade se pare de nouveaux édifices de défense telle la Tour Royale.

Henri IV fait aménager la première darse, mais c'est sous le Roi Soleil que la ville prend sa réelle expansion. Colbert décide que Toulon serait le port d'attache des Galères Royales et que le monopole du commerce serait donné à Marseille.

L’ essor de Toulon est donné. Vauban crée la Darse Neuve, repousse l’enceinte de la ville vers l’Ouest, fait construire de nouvelles défenses par la construction de tours et forts.

 

Les Grandes Expéditions

A la mort de Louis XVI en 1793, les royalistes livrent la ville aux Anglais.
Les armées de la Convention, sous les ordres du Général Dugommier, forcent l’ennemi à évacuer la cité.
En punition, Toulon sera rebaptisé « Port-La-Montagne ».

Malgré tout, Toulon reste le port incontournable de la côte méditerranéenne et devient le point de départ d’innombrables aventures maritimes vers des terres lointaines :

l’Algérie (1830), l’Afrique occidentale, l’Indochine, le Mexique ...

Bonaparte part de la rade pour la campagne d’Italie (1796) et l’expédition d’Egypte (1798).

Dumont d’Urville part pour découvrir l’Antarctique et prendre possession pour la France d’une terre baptisée Adélie, prénom de sa femme, toulonnaise de souche !
C’est sur le port de Toulon que l’on débarque les premiers eucalyptus ou mimosas d’Australie sur la côte d’Azur, l’Obélisque de Louxor (aujourd’hui place de la Concorde à Paris) ou la Vénus de Milo rapportée de Grèce par Dumont d’Urville.

Ci-contre le "Louxor" navire construit à Toulon, partit le 15 avril 1831 avec à son bord 136 hommes d’équipages pour ramener l’Obélisque.

 

Napoléon Bonaparte

Le 28 août 1793, excédés et apeurés par la terreur jacobine, les Toulonnais entrèrent en rébellion contre la Convention et se livrèrent aux Anglais qui proposaient aux royalistes de leur garantir la ville.

La Convention répliqua aussitôt en assiégeant la ville pendant quatre mois. En décembre, après l’arrivée de renforts d’Italie et du général Dugommier, l’offensive reprit suivant un plan de Bonaparte. Le jeune capitaine d’artillerie s’illustra grâce à son génie militaire. Menant l’armée républicaine à la victoire, c’est à Toulon, à l’âge de 24 ans, qu’il gagna ses galons de général.

« Quand j’étais jeune officier, dira-t-il en 1804, je me suis promené dans Toulon. Qui m’eût dit que la destinée m’appellerait un jour à reprendre la ville ».

Napoléon Bonaparte séjournera par la suite à plusieurs reprises à Toulon lors des préparatifs d’expéditions en Corse, en Italie et en Egypte.

A la tête de l’armée d’Italie, en mars 1796, le futur empereur franchit la porte à qui l’on donna plus tard le nom de porte d’Italie.

Le 19 mai 1798 quinze vaisseaux, douze frégates, deux cents bâtiments de transports rassemblés en rade de Toulon emportaient Bonaparte, son armée d’Orient et ses savants pour sa célèbre expédition d’Egypte.

En 1840, c’est du port de Toulon que partit la frégate pour rapatrier la dépouille mortelle de Napoléon Bonaparte. La Belle Poule parcourut la Méditerranée, traversa l’Atlantique sud pour se rendre à Sainte Hélène et ramener en France les cendres de Napoléon.

 

La Belle Epoque

Napoléon III, conscient de l’importance capitale de Toulon en Méditerranée, décide de la réalisation de la Haute Ville, quartier haussmanien clair et aéré, en contradiction avec la Basse Ville, le Toulon du Moyen Age (le Baron Haussman fut Préfet du Var au milieu du XIXe siècle).

L’opéra, la gare, le boulevard de Strasbourg, le lycée Impérial, la place de la Liberté, le Grand Hôtel, le jardin Alexandre 1er et les nombreux immeubles bourgeois donnent à Toulon une nouvelle impulsion.

 

Galères et Bagne

Mues à l’origine par des recrues turques, les galères royales furent peuplées dès 1748 de forçats qui ramaient pieds rivés au banc, poignets enchaînés à l’aviron, mangeaient et dormaient sans quitter leur place. Lorsque se répandit l’usage du canon, les galères se révélèrent dépassées et furent supprimées.

Les galériens furent affectés aux divers travaux de l’arsenal. Logés primitivement sur d’anciennes galères, qui formaient le « bagne flottant », ils furent ensuite transférés dans des bâtiments établis à l’intérieur de l’arsenal.

Ce bagne fut définitivement supprimé en 1873 et remplacé par celui de Cayenne en Guyane. Des personnages légendaires y purgèrent leur peine : Jean Valjean, héros du roman de Victor Hugo, ou François Vidocq, devenu par la suite chef de la sûreté à Paris.

 

La Libération de Toulon

Le débarquement en Provence le 15 août 1944 a été l’une des opérations les plus réussies de la deuxième guerre mondiale. La bataille fut pourtant dure et d’une rare violence.
Dans le plan des Alliés, la libération de Toulon n’était prévue que le vingtième jour après le débarquement. Mais le 18 août, le Général de Lattre de Tassigny décide de brusquer l’attaque, apprenant que l’ennemi renforce ses troupes.

Le Général de Lattre de Tassigny dispose seulement de 16 000 combattants soutenus par trente chars et quatre vingt canons de moyen calibre. Les Français font preuve d’un élan irrésistible. Du 24 au 26 août, la division Magnan enlève les derniers points de résistance. Le 26 août au soir la ville est totalement libérée.

Le 27 août les troupes françaises défilent dans Toulon devant le Général de Lattre de Tassigny dont l’audace avait permis de prendre en sept jours une des places les mieux défendues d’Europe.
En août 1944, l’été de la Libération, Toulon acclamait ses soldats de l’armée d’Afrique, marins, résistants et alliés tous combattants pour sa libération.

 

Toulon du XXe siècle

La seconde guerre mondiale a profondément meurtri la ville.
Après le sabordage de la flotte en 1942, la ville est rasée de moitié lors du débarquement des alliés en août 1944. Aujourd'hui, la ville a regagné sa place de premier port militaire français et les bâtiments de la Marine Nationale croisent aujourd'hui les bateaux de plaisance et les ferries en partance pour la Corse, la Sardaigne ou la Tunisie.

Préfecture du Var, elle compte environ 170 000 habitants, tandis que l'agglomération toulonnaise de Bandol à Hyères regroupe près de 500 000 habitants.

 
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